Tous les articles par Vincent Cabanel

Revue de presse – février 2026

MINEURS NON ACCOMPAGNES

Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a, une nouvelle fois, condamné la France pour ses pratiques en matière de prise en charge et de détermination de l’âge des mineurs non accompagnés.

Le Comité a été saisi par cinq jeunes exilés dont la minorité a été contestée dans les départements de Haute-Garonne, de la Loire-Atlantique et du Maine-et-Loire. Leurs parcours révèlent des pratiques administratives et judiciaires défaillantes : évaluations sommaires basées sur l’apparence physique, rejet de documents d’état civil pourtant authentiques, et recours systématique à des tests osseux pourtant unanimement critiqués.

L’un d’entre eux a même fait l’objet d’une réévaluation de son âge alors qu’un autre département l’avait reconnu mineur. Privés de représentant légal, ces enfants ont été remis à la rue sans recours suspensif, les exposant durablement à des situations de danger.

Il s’agit de la troisième condamnation de la France, après celles de janvier 2024 et mai 2025, visant les mêmes défaillances structurelles. La répétition de ces constats souligne le caractère persistant et systémique des violations, malgré les alertes réitérées des associations intervenant auprès des mineurs isolés.

Suite de cette info à lire sur le site du GISTI

Des juges de la CNDA se lâchent en toute impunité

Un rapport de la CGT fait état de propos racistes, sexistes et homophobes

Voir cet article du GISTI, et surtout aller voir ce rapport de la CGT disponible ici

Extraits du rapport de la CGT 

Notre syndicat déplore à cet égard que les membres des formations de jugement profitent de la liberté que leur offre le secret du délibéré, principe dont l’objectif est en réalité de garantir d’indépendance de la formation de jugement, pour délivrer le fruit d’une réflexion nourrie par des stéréotypes racistes, sexistes ou LGBTphobes, qui ne peut en aucun cas fonder et/ou apparaître dans la motivation de la décision, dès lors que de tels propos sont réprimés par le code pénal, à ses articles 225-1 et 432-7

Focus sur les témoignages issus du questionnaire :

Les répondant·e·s nous ont fait part de propos racistes entendus en audience par les membres de formation de jugement :
« Avant de protéger un Afghan, il faut être sûr qu’il ne fera pas d’attaque au couteau » ;
« J’espère qu’il ne va pas nous poser une bombe » ; « Vous avez envie de l’avoir comme voisin ? » ; « S’il est mauritanien, il est forcément pour l’excision. » ; « Une femme noire sans enfants, ce n’est pas possible » ; « Les africains c’est des sauvages ».

Il faut aller lire l’ensemble du rapport, malgré l’écœurement que cela provoque.

Rappelons aussi qu’un conseiller d’État, relativement connu, a récemment défrayé la chronique en appelant à organiser des « rafles » pour « se débarrasser des OQTF ».

Meurtre de El Hacen Diarra

Le 14 janvier 2026, la police a tué El Hacen Diarra.

Devant son foyer, dans le 20e arrondissement. Violemment interpellé. Étranglé. L’autopsie révèle une fracture du cartilage thyroïde, des signes d’étranglement.

Aujourd’hui, les policiers responsables patrouillent toujours dans nos rues pour intimider les habitant·e·s et le ministre de l’Intérieur Nuñez a déclaré qu’il ne suspendrait pas les policiers. Seule notre mobilisation à tous et toutes pourra imposer la justice. (…)

Lire la suite de l’info sur cette page du site du GISTI

L’État toujours plus « hors la loi » sur l’hébergement d’urgence

La démarche était inédite : le 13 février 2025, le Collectif des associations pour le logement, qui compte une quarantaine d’organisations, lançait deux recours en justice contre l’Etat pour « non-assistance à personnes mal-logées ». Il l’accusait de manquer à ses obligations légales en matière d’hébergement d’urgence des sans-abri, d’une part, et de mise en œuvre du droit au logement opposable (DALO), d’autre part. Le collectif s’inspirait du recours de « l’affaire du siècle », qui avait permis à des ONG de faire condamner la France, en 2021, pour non-respect de ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Où en est-on, un an après ? « On aurait pu penser que le dépôt de ces recours constituerait un électrochoc pour l’Etat », a déclaré Manuel Domergue, porte-parole du collectif et directeur des études à la Fondation pour le logement des défavorisés (l’ancienne Fondation Abbé-Pierre), lors d’une conférence de presse, jeudi 12 février. Mais l’Etat demeure, selon lui, « hors la loi ».

Lire la suite de l’article sur Le Monde …. Ou venir au cercle de silence où vous pourrez lire l’article.

Vers une Europe fasciste …

Qui a dit que voter n’avait aucune conséquence ?

En juin 2024, il y a eu des élections européennes. Vous vous souvenez ? Le résultat avait été tellement mauvais pour la majorité gouvernementale que le président Macron avait décidé, le soir même du 9 juin de dissoudre l’Assemblée nationale …

Mais les élections européennes elles-mêmes ont amené au Parlement européen une triste majorité de droite et d’extrême-droite.

C’est cette majorité qui vient de faire adopter ces derniers jours (décembre) à Bruxelles des mesures extrêmement inquiétantes et attentatoires aux droits fondamentaux. Sous la présidence du Danemark, gouverné par des sociaux-démocrates convertis aux politiques de l’extrême-droite. Ces mesures sont les suites du Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté en mai 2024.

« Il faut que nous avancions afin de donner aux citoyens le sentiment que nous maîtrisons la situation », a martelé début décembre le commissaire européen Magnus Brunner, architecte de ce tour de vis migratoire.

Les trois mesures approuvées sont les suivantes :

Le renvoi des demandeurs d’asile vers des payés considérés comme sûrs,

même si les personnes concernées ne sont pas originaires de ces pays

On va donc pouvoir expulser un Guinéen vers le Kosovo. Les mots me manquent en écrivant ces lignes : aberration ? inhumanité ? D’autres mots plus violents, des mots de colère me viennent à la bouche …

L‘ouverture de centres en dehors de l’Union Européenne pour y renvoyer des déboutés du droit d’asile

C’est la validation ou la réhabilitation de la politique tentée par Giorgia Meloni avec ses centres de remigration en Albanie. Centres de « remigration », bloqués pourtant par la justice européenne. Melon vient du parti fasciste italien, elle n’en a rien perdu.

L’allongement des durées de rétention pour ceux qui refusent de quitter un territoire où ils n’ont pas de titre de séjour

C’est la validation des tentatives de Retailleau. Retailleau avait échoué en France sur ces sujet l’été dernier, et voilà que l’Europe lui donne raison. Retailleau est un produit du catholicisme d’extrême-droite, hyper conservateur…

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L’Espagne et la France sont les deux seuls pays à avoir exprimé des réserves sur ces mesures, l’Espagne soulignant craindre des « atteintes aux droits humains fondamentaux avec ces mesures. »

Avec raison beaucoup se demandent si ces mesures répondent à une pression migratoire réelle ou plutôt à une pression née de la montée des extrêmes droites en Europe.

Oui, ces mesures sont gravement attentatoires aux droits humains fondamentaux, ainsi qu’au droit international. Oui, ces mesures sont celles d’une Europe qui s’éloigne de ses valeurs et de l’Etat de droit. Oui, ces mesures visant à « éloigner » des « indésirables », nous rappellent dangereusement celles prises en Allemagne, en France, en Espagne … dans les années 1930-1938 contre les handicapés, les juifs, les communistes, les étrangers, les tziganes, les homosexuels ….

Mais logiquement, il ne faut pas s’étonner que dans le même temps, le Conseil de l’Europe, auteur et garant de la Convention Internationale des Droits Humains (CEDH) soit le lieu même où cette CEDH soit remise en cause.

Nous sommes en colère devant ces mesures inqualifiables. Nous restons debout contre ce moment fasciste dont le déferlement se profile en Europe et qui s’attaque d’abord aux étrangers stigmatisés, avant de s’attaquer aux populations laborieuses dans leur ensemble.

Vincent Cabanel

Revue de presse – décembre 2025

Immigration : un an après la circulaire Retailleau, les régularisations en chute libre

Le durcissement des critères de l’admission exceptionnelle au séjour a provoqué une baisse de 42 % des délivrances de titres de séjour sur les neuf premiers mois de l’année.

Sékou (toutes les personnes citées par un prénom ont requis l’anonymat) pensait cocher toutes les cases. Cela fait sept ans que cet Ivoirien de 43 ans est en France, en CDI à temps plein dans le nettoyage, présente une bonne maîtrise du français et a un patron décidé à le soutenir dans ses démarches administratives. Quand il a déposé sa demande de régularisation à la Préfecture de police de Paris, il avait bon espoir ’obtenir un titre de séjour. Las, en août, il a reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Un an s’est écoulé depuis que Bruno Retailleau, ministre de l’intérieur entre septembre 2024 et octobre 2025, a impulsé un durcissement de la politique de régularisation, notamment à travers une circulaire de janvier.

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Le Parlement européen valide deux textes qui durcissent la politique migratoire, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite

Les mesures adoptées permettraient notamment la création d’une liste de pays que l’Union européenne considère comme « sûrs », parmi lesquels le Kosovo, le Bangladesh, ou la Colombie, limitant de fait les possibilités d’asile pour leurs ressortissants.

Le Parlement européen a validé, mercredi 17 décembre, deux textes phares pour durcir la politique migratoire du continent, grâce à une alliance de la droite et de l’extrême droite. Les mesures adoptées par les eurodéputés permettraient notamment de renvoyer des demandeurs d’asile vers des pays dont ils ne sont pas originaires, mais que l’Europe considère comme « sûrs ».

« Un cadeau de Noël à Giorgia Meloni », a fustigé l’élu de gauche radicale Damien Carême. Car ce texte fait écho aux centres lancés par la première ministre italienne en Albanie, mais qui se sont jusqu’ici heurtés à des obstacles juridiques. Ce concept est vivement dénoncé par les ONG, qui s’inquiètent du traitement des demandeurs d’asile dans ces pays tiers.

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« Une situation catastrophique » : une vingtaine d’associations réunies devant la préfecture pour défendre les migrants

Ce jeudi soir devant la préfecture de Pau, une vingtaine d’associations béarnaises s’est réunie pour dénoncer la situation des migrants en France.

« Solidarité, égalité des droits, régularisation. » C’est le message qui était affiché ce jeudi soir devant la préfecture de Pau, dans le cadre de la Journée internationale des migrants, célébrée chaque année le 18 décembre, depuis 2000. Environ 80 personnes, la plupart appartenant à des associations dont les drapeaux flottaient dans la nuit paloise, étaient ainsi présentes pour apporter leur soutien.

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Lire la suite de cette article sur La République des Pyrénées… Ou venir au cercle de silence où vous pourrez lire l’article.

La prise de pouvoir des préfets sur l’action territoriale de l’État

Une réforme discrètement entrée en vigueur à la rentrée 2025 a parachevé une prise de pouvoir du corps préfectoral sur l’ensemble des services déconcentrés dans les territoires, leur imposant ainsi leur vision sécuritaire de l’action de l’État.

Représentant·es du gouvernement dans le territoire, bras armés de la police administrative du ministère de l’intérieur, les préfets et préfètes ont récupéré depuis cette rentrée des pouvoirs d’une ampleur inédite depuis de nombreuses années, au point d’inquiéter les défenseurs des libertés publiques.

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18 décembre 2025 : Journée Internationale des Migrants

RASSEMBLEMENT

Jeudi 18 décembre à 18 h 30
Devant la Préfecture de Pau

  • Lecture de l’appel collectif (cf. ci-dessous)
  • Prises de paroles des organisations
  • Inauguration des deux nouveaux noms possibles de la Préfecture de Pau

Organisations appelantes : La CIMADE, la LDH, UL Solidaires, FSU, CRDE Solidarité Migrants

Comment trouver facilement 6 milliards d’euros ?

(pour le Budget de la Sécurité Sociale)

Le budget de l’État et celui de la Sécurité Sociale sont en vedette depuis plus d’un an maintenant. Personne ou presque ne mentionne un moyen d’améliorer les choses et d’augmenter les recettes de la Sécurité Sociale : Régulariser TOUS les travailleurs immigrés sans papiers.

On évalue entre 300.000 et 700.000 le nombre de personnes étrangères résidant en France en situation irrégulière, c’est à dire « sans papiers ».

combien de cotisations sociales (salariales et patronales) rapporterait la régularisation de 500.000 travailleurs sans papiers ?

Pour estimer le montant des cotisations sociales (salariales et patronales) que rapporterait la régularisation de 500 000 travailleurs sans papiers en France en 2025, voici les éléments clés à retenir :

Taux moyens de cotisations sociales en 2025 :

  • Part salariale : environ 22 % du salaire brut.
  • Part patronale : entre 15 % et 50 % du salaire brut, selon la taille de l’entreprise et le niveau de salaire, avec une moyenne souvent estimée autour de 40-45 % pour un salarié au SMIC ou légèrement au-dessus.

Hypothèses de calcul :

  • Supposons un salaire brut moyen de 1 766,92 € (SMIC mensuel brut en 2025).
  • Pour 500 000 travailleurs, sur une année, cela représente un salaire brut annuel total de :
    • 1 766,92 € × 12 mois × 500 000 = 10,6 milliards d’euros.

Montant des cotisations :

  • Part salariale : 22 % × 10,6 milliards = 2,33 milliards d’euros.
  • Part patronale : 40 % × 10,6 milliards = 4,24 milliards d’euros (estimation basse) à 50 % × 10,6 milliards = 5,3 milliards d’euros (estimation haute).

Total estimé des cotisations sociales annuelles : Entre 6,57 milliards d’euros (estimation basse) et 7,63 milliards d’euros (estimation haute). Ces chiffres sont indicatifs et dépendent du niveau réel des salaires et des exonérations applicables.

200ème Cercle de Silence à Pau – Mardi 30 septembre 2025 – devant la Préfecture

Dans 70 villes en France, des citoyennes et citoyens se retrouvent en silence une fois par mois pour demander inlassablement :

  • La fermeture des Centres de Rétention Administrative d’étrangers (CRA) : inutiles, injustes, inhumains, indignes.
  • La sécurisation des routes migratoires, qui ont fait près de 80.000 morts en 10 ans.
  • Un meilleur accueil et une réelle hospitalité pour les étrangers arrivés en France.

En rassemblant pour la 200ème fois le Cercle de silence à Pau, nous protestons toujours contre la politique migratoire des gouvernements successifs.

13 septembre 2025 : Le CRDE était présent au Forum des Associations de Pau (au Parc des expositions)

L’histoire de Mirwais, Afghan, 28 ans, réfugié, mécanicien automobile

L’association P.O.U.R., membre du CRDE et qui agit à Oloron a réalisé ce reportage video sur le parcours de Mirwais, réfugié Afghan. l’exemple d’une intégration réussie à Oloron – Sainte Marie

🎥 Dans ce court reportage réalisé par notre association, découvrez comment
un geste d’ouverture peut changer une vie et enrichir tout un collectif.

➡️ Arrivé en France après un parcours difficile, Mirwais a trouvé dans
l’apprentissage un véritable tremplin vers l’autonomie et l’inclusion.
➡️ Grâce à l’engagement humain et solidaire du gérant d’ un garage
oloronais, Mirwais a été accueilli comme un membre à part entière de
l’équipe.