Vers une Europe fasciste …

Qui a dit que voter n’avait aucune conséquence ?

En juin 2024, il y a eu des élections européennes. Vous vous souvenez ? Le résultat avait été tellement mauvais pour la majorité gouvernementale que le président Macron avait décidé, le soir même du 9 juin de dissoudre l’Assemblée nationale …

Mais les élections européennes elles-mêmes ont amené au Parlement européen une triste majorité de droite et d’extrême-droite.

C’est cette majorité qui vient de faire adopter ces derniers jours (décembre) à Bruxelles des mesures extrêmement inquiétantes et attentatoires aux droits fondamentaux. Sous la présidence du Danemark, gouverné par des sociaux-démocrates convertis aux politiques de l’extrême-droite. Ces mesures sont les suites du Pacte européen sur la migration et l’asile, adopté en mai 2024.

« Il faut que nous avancions afin de donner aux citoyens le sentiment que nous maîtrisons la situation », a martelé début décembre le commissaire européen Magnus Brunner, architecte de ce tour de vis migratoire.

Les trois mesures approuvées sont les suivantes :

Le renvoi des demandeurs d’asile vers des payés considérés comme sûrs,

même si les personnes concernées ne sont pas originaires de ces pays

On va donc pouvoir expulser un Guinéen vers le Kosovo. Les mots me manquent en écrivant ces lignes : aberration ? inhumanité ? D’autres mots plus violents, des mots de colère me viennent à la bouche …

L‘ouverture de centres en dehors de l’Union Européenne pour y renvoyer des déboutés du droit d’asile

C’est la validation ou la réhabilitation de la politique tentée par Giorgia Meloni avec ses centres de remigration en Albanie. Centres de « remigration », bloqués pourtant par la justice européenne. Melon vient du parti fasciste italien, elle n’en a rien perdu.

L’allongement des durées de rétention pour ceux qui refusent de quitter un territoire où ils n’ont pas de titre de séjour

C’est la validation des tentatives de Retailleau. Retailleau avait échoué en France sur ces sujet l’été dernier, et voilà que l’Europe lui donne raison. Retailleau est un produit du catholicisme d’extrême-droite, hyper conservateur…

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L’Espagne et la France sont les deux seuls pays à avoir exprimé des réserves sur ces mesures, l’Espagne soulignant craindre des « atteintes aux droits humains fondamentaux avec ces mesures. »

Avec raison beaucoup se demandent si ces mesures répondent à une pression migratoire réelle ou plutôt à une pression née de la montée des extrêmes droites en Europe.

Oui, ces mesures sont gravement attentatoires aux droits humains fondamentaux, ainsi qu’au droit international. Oui, ces mesures sont celles d’une Europe qui s’éloigne de ses valeurs et de l’Etat de droit. Oui, ces mesures visant à « éloigner » des « indésirables », nous rappellent dangereusement celles prises en Allemagne, en France, en Espagne … dans les années 1930-1938 contre les handicapés, les juifs, les communistes, les étrangers, les tziganes, les homosexuels ….

Mais logiquement, il ne faut pas s’étonner que dans le même temps, le Conseil de l’Europe, auteur et garant de la Convention Internationale des Droits Humains (CEDH) soit le lieu même où cette CEDH soit remise en cause.

Nous sommes en colère devant ces mesures inqualifiables. Nous restons debout contre ce moment fasciste dont le déferlement se profile en Europe et qui s’attaque d’abord aux étrangers stigmatisés, avant de s’attaquer aux populations laborieuses dans leur ensemble.

Vincent Cabanel

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